Gelée royale et pollen, des alicaments précieux à la saison froide mais pas seulement...

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La gelée royale

La gelée royale est une substance de couleur blanche à jaune, crémeuse et très sucrée. Elle provient de la sécrétion des jeunes abeilles nourricières, sécrétion rendue possible par des glandes spécifiques situées au niveau de leur tête, et dénommées “glandes pharyngiennes” ou “glandes salivaires”. Elle n’est généralement produite, au sein de la ruche, qu’en quantité nécessaire à la nutrition des larves de moins de trois jours et de la reine pour laquelle  la gelée royale constitue la nourriture quotidienne exclusive tout au long de sa vie.

gelée royale

En tant que nourriture de la ruche aux côtés du pollen, la gelée royale se distingue par son potentiel nutritif supérieur qui permet de booster la croissance des larves et de doter la reine d’une vitalité hors norme

  1. Les larves nourries à la gelée royale voient leur poids multiplié par 1000 en seulement quelques jours. 
  2. La reine, sustentée exclusivement, au contraire des autres spécimens de la ruche, avec de la gelée royale tout au long de sa vie, voit sa croissance et sa longévité surpasser de beaucoup celle des ouvrières et des faux bourdons. Physiquement plus grosse que les autres, détenant une durée de vie comprise entre 4 et 5 ans, contre 4 et 5 semaines pour les ouvrières, la reine peut pondre jusqu’à 2000 oeufs par jour. Dès lors, la gelée royale apparaît comme une substance nutritive exceptionnelle, source de croissance, de longévité et de vitalité. Très nutritive, elle permet de développer l’appareil reproductif de la future reine, la seule à détenir la capacité de pouvoir pondre au sein de la ruche. 

Le saviez-vous ? 

La gelée royale détient une couleur jaune pâle et une consistance pâteuse, légèrement gélatineuse. Avec un pH compris entre 3 et 4, elle est très acide en bouche.

Parce que la gelée royale n’est produite qu’en quantité nécessaire aux besoins de la ruche, la récolte de la gelée royale nécessite la mise en place de techniques particulières qui expliquent le prix de vente parfois élevé de la gelée royale. La technique la plus répandue consiste à rendre la ruche orpheline en lui enlevant sa reine afin que les abeilles ouvrières se mettent en quête d’une reine et qu’elles produisent, pour ce faire, de la gelée royale. Afin de pouvoir la récolter aisément, des cadres sont préalablement placés dans la ruche avec des ébauches de cellules royales. Les ouvrières vont oeuvrer à les étirer afin d’obtenir de véritables cellules royales. Ensuite, les nourrices vont, quant à elles, fournir de la gelée royale en abondance aux jeunes larves placées dans ces cellules. Après 3 jours, les cellules sont gorgées de gelée royale, il est alors temps pour l’apiculteur de procéder à la récolte. Après avoir enlevé les larves, la gelée royale est prélevée avec une spatule ou un petit aspirateur.

La gelée royale, produit de la ruche le plus riche en acides aminés, renferme une multitude de principes actifs qui la dotent de bienfaits pour les abeilles mais aussi pour les Hommes. D’après les études scientifiques les propriétés fortifiantes de la gelée royale seraient essentiellement le fait des acides gras.

  1. 70 % d’eau,
  2. 14 % de glucides, essentiellement du glucose et du fructose,
  3. 13 % de protéines et acides aminés, dont les 8 acides aminés essentiels,
  4. 4,5 % de lipides, dont la majorité sont des acides gras, 
  5. des minéraux et oligo-éléments tels que le calcium, le fer, le cuivre, le magnésium, le phosphore et le potassium, 
  6. des vitamines, dont de nombreuses vitamines du groupe B, et parmi elles, une très forte proportion de vitamine B5 et des proportions plus faibles de vitamines B12, A, C, D, E et K.

Vitalité - En vertu de sa richesse nutritive, la gelée royale est reconnue pour ses effets positifs sur la vitalité, non seulement sur la vitalité physique, puisque, vectrice d’énergie, elle contribue à réduire la fatigue, mais aussi sur la vitalité intellectuelle. 

Défenses naturelles - En tant que source de nutriments essentiels, elle participe au renforcement des mécanismes de défense de l’organisme, notamment en période de froid et d’agressions répétées. 

Beauté de la peau - Grâce à ses vertus reconstructrices et antioxydantes, la gelée royale est également source de bénéfices pour les peaux à problèmes ainsi que pour les peaux matures. 

Le saviez-vous ? 

Associée à du pollen ou du miel, la gelée royale a des répercussions positives sur la sphère digestive.

Afin d’observer des bienfaits sur la vitalité et les défenses naturelles, il est préconisé de consommer 0,1 g de gelée royale par jour

La gelée royale est contre-indiquée aux personnes allergiques aux venins d’abeille et atopiques. 
En cas de cure interne, les réactions allergiques à la gelée royale sont souvent sévères, c’est pourquoi il convient, en cas de doute, de se reporter à l’avis d’un médecin avant toute prise.
En cas d’application cutanée, à cause des fortes concentrations en protéines de la gelée royale, les réactions allergiques se manifestent par des éruptions cutanées. Il est conseillé de faire préalablement un petit test dans le pli du coude ou de se reporter à l’avis d’un médecin.

Sources sur le thème gelée royale

BENGSCH E., La gelée royale : une substance parfaite, in Apithérapie : la science de l’abeille pour l’énergie et le bien-être
DOMEREGO R. et al, Les remèdes de la ruche
FOURNIER R., ABC de l’apithérapie
MILLET J., Matières premières produites par l’abeille, in Actifs et additifs en cosmétologie

Le pollen

Le pollen est un élément majeur de l’appareil sexuel mâle des plantes supérieures. Les étamines sont, en effet, composées de deux parties, le filet et l’anthère, dont le second renferme les grains de pollen. On distingue ensuite différents types de pollen selon les procédés de pollinisation. La pollinisation la plus simple observée chez les plantes, mais aussi la moins efficace, consiste à produire des quantités massives de pollen libérées dans l’environnement direct et transportées sur des territoires nouveaux grâce au vent. Cette pollinisation anémophile se distingue de la pollinisation entomophile qui  sollicite des pollinisateurs tels que les abeilles pour disperser les semences. Plus complexe, cette pollinisation nécessite la mise en place de structures élaborées d’ornementation afin d’attirer les pollinisateurs. Les grains de pollen sont alors très souvent hérissés d’épines et d’un manteau pollinique très collant afin de favoriser leur fixation entre eux, ainsi que sur le corps des abeilles. 

Le pollen constitue la nourriture de base des abeilles ouvrières, c’est dire son importance pour la ruche. Pour s’approvisionner, les abeilles visitent les fleurs et grattent vigoureusement les anthères des plantes avec leurs pattes de devant. Elles le stockent sur leurs pattes postérieures dotées de brosses spécialement adaptées à la récolte du pollen puis le façonnent par addition de sécrétions salivaires et de nectar. Les grains de pollen prennent alors la forme de petites masses ovoïdes de quelques millimètres de diamètre : les pelotes de pollen. A noter que les abeilles peuvent collecter jusqu’à 30 mg de pollen en seulement 10 minutes et qu’une ruche récolte, en moyenne 30 à 40 kg de pollen pendant la saison d’activité des abeilles. 

pollen

Et la récolte apicole ? 

Parce que le pollen constitue la nourriture des abeilles ouvrières et leur principale sources de protéines, l’apiculteur doit veiller à ne pas prélever la totalité de la collecte des abeilles s’il souhaite préserver leur santé. A l’aide d’une trappe, c’est-à-dire d’un dispositif placé sous le corps de la ruche, composé de grilles permettant de laisser passer les abeilles tout en soustrayant des pelotes de pollen, l’apiculteur ne prélève qu’une partie du pollen de la ruche. Parce que ce pollen a été additionné de sécrétions et de nectar, il n’a plus rien à voir avec le pollen végétal originel. 

Les principes actifs du pollen sont nombreux et se répartissent comme suit : 

  1. 36 % de glucides, 
  2. 20 % de protéines, dont la moitié sont des acides aminés indispensables,
  3. 11 % d'eau,
  4. 5 % de lipides, 
  5. 3 % de sels minéraux, 
  6. des pigments tels les caroténoïdes et la rutine, 
  7. des vitamines telles les vitamines A, B, C, D et E. 

Indispensable aux abeilles, le pollen est utilisé, depuis de nombreuses années, en tant que complément alimentaire. La consommation quotidienne de petites quantités de pelotes peut, en effet, constituer un excellent apport complémentaire en vitamines et nutriments. Le pollen est ainsi bénéfique à :

- la vitalité générale de l’organisme,

 

Le pollen serait également pertinent pour :

- la croissance,
- le système digestif,
- les défenses naturelles.

 

Les formes de complément alimentaire sont variées, ce qui permet à chacun de trouver la solution qui convient à ses besoins et à ses préférences : pelotes naturelles de pollen dont les couleurs variées, mettent à jour les différentes espèces florales butinées, poudre de pollen ou encore gélules de pollen. Associé à d’autres principes actifs naturels, il se retrouve également au sein d’ampoules, de gélules et de comprimés. 

Il est recommandé de consommer : 

  1. entre 15 et 40 g de pollen par jour, pour un adulte, 
  2. entre 5 et 15 g de pollen par jour, pour un enfant, 

Sur une durée de 3 mois, deux fois par an, ou bien en cure continue. 

Le pollen ne présente aucune contre-indication ni aucune incompatibilité mais peut parfois occasionner des troubles digestifs légers qui disparaissent progressivement après diminution de la quantité de pollen absorbée. Bien qu’il existe de nombreuses allergies aux pollens anémophiles, très agressifs pour les voies respiratoires, le pollen entomophile ne présente pas un risque allergène important. Même s’il ne provoque presque pas d’allergie respiratoire, il est pourtant recommandé aux personnes sensibles aux pollens anémophiles, d’éviter toute supplémentation au pollen entomophile

Sources sur le thème pollen 

DUBOIS, Les produits de la ruche dans la médecine d’aujourd’hui, in Aujourd’hui l’apithérapie
CHAUVIN R., Le pollen, in Apithérapie : la science de l’abeille pour l’énergie et le bien-être
DOMEREGO R., Les recherches actuelles sur les produits de la ruche à vocation thérapeutique, in Apithérapie : la science de l’abeille pour l’énergie et le bien-être
DOMEREGO R., Santé, bien-être, apithérapie, in Le traité rustica de l’apiculture